Attention, ces chroniques nommées Observatoire de la Linuxerie sont des chroniques a but parodique et satirique. Ce qui est dit ne peut pas constituer une source d’info à prendre au 1er degré. Le ton est volontairement léger, familier, où l’exagération et parfois une mauvaise foi assumée règnent en maître. L’auteur remercie les lecteurs de ne pas poster de bouses explicatives et correctrices en commentaire. Le but est uniquement de débrancher son cerveau de de profiter d’un moment léger devant un article

Note de l’auteur

14h39, Bistro GLF, un jour particulièrement chaud de Mai.

-PUTAIN DE DRIVERS NVIDIA DE MERDE !
L’exclamation venait du fond de cet estaminet ayant pignon sur la Rue de L’Arcade. Tapant frénétiquement sur une machine émettant de drôles de lumières, en nombre déraisonnable, était assis un homme au visage particulièrement ridé par la contrariété.
-Hé Patron, remets moi une Zubrowska ! Cette saloperie va me prendre trois plombes! Bordel, si ça continue, je passe sur une Slackware! Beugla-t-il en agitant un verre vide.
-Tu gagnerais plus de temps à repasser sur X11, tu sais? Dit calmement le Patron, tout en remplissant le verre. Tu te fais des nœuds au cerveau, c’est pas bon avec une chaleur pareille.
-Mais bien sur, pour avoir des couleurs délavées? Sur un écran pareil, ce serait criminel, grommela l’homme en portant le breuvage polonais à sa bouche.
-Allez Docteur, fais une pause, t’as bien 10 minutes là avec l’installation de Plasma. Dit le Patron en tendant un cigare.
Les 2 compères se dirigèrent vers l’extérieur du bar d’un pas calme.
-T’es au courant que le gars de l’Impasse du Kernel est passé sur Solus? Dit le patron enveloppé dans un nuage de fumée.
-Distro-Hopping, encore un, dit le Docteur d’un ton morne. Bah, ça lui passera avec le temps, ou pas, conclut-il d’un rictus.
-Ca se propage pas mal ce truc quand même, ça t’effraie pas? S’inquiéta le Patron
-Bah, ça ne tue personne, ça flingue juste des SSD. Et si t’es pas trop con, t’as des backup.
-Mais quand même, c’est louche cette instabilité chronique.
-Viens là, je vais t’expliquer pourquoi

Mais qu’est ce que le Distro Hopping?

Tout comme le Docteur, tâchons de comprendre ce phénomène.
Le Distro Hopping, du Grec “Distros” et de l’Egyptien Antique “Hoppis”, histoire de dire que c’est pas un autre Anglicisme foireux, est un mal bénin mais néanmoins bien présent dans la population de geeks linuxiens. Basiquement, cela se manifeste par des changements brusques et parfois imprévisibles de distribution Linux sur sa ou ses machines. Dans la suite de cet article, on va tâcher de comprendre ce qui provoque ce comportement erratique. Les causes sont multiples, parfois cumulatives, mais la finalité est une usure prématurée de clés USB servant à l’installation et des SSD se prenant toutes les semaines quelques Go d’écriture dans les dents, qui peuvent se compter en centaines si le /home est replaqué à chaque fois.

1 – La distribution à la mode ou la Pulsion pour la Nouveauté

Pour cette recette, c’est très simple. Prenons un site internet One Page dont les 3 quarts d’un écran large seront inutiles dessus à cause du centrage abusé, un nom de distribution sorti d’un choix au pif sur un dico ou une chose culturelle, une base Arch ou toute autre distro réputée pour utilisateurs avancés histoire de flatter l’égo du Linuxien qui pourra spammer des “I use Arch BTW” sans avoir eu la patience de se taper l’installation classique, un marketing ronflant sur des “changement disruptifs et révolutionnaires”, et nous avons un candidat parfait pour le statut de nouvelle distro à la mode.
Il en faut parfois pas plus pour provoquer une petite poussée de Distro Hopping. La petite nouvelle parmi plus de 400 distros disponibles va connaitre une poussée de téléchargements et d’installations en dur. Le linuxien, persuadé d’avoir enfin trouvé la perle rare originale parmi tout ces péons et leurs OS mainstream va se gargariser, essayer de forcer pendant 2 semaines, et revenir à la situation d’avant car, une fois l’effet de surprise passé, il s’est rendu compte que c’est un des nombreux projets “distro thème d’icones/wallpaper” avec 2 ou trois choix différents d’application par rapport à l’original. 2go pour ça, ça fait beaucoup, surtout quand des choses comme Pling existent.

2 – L’ennui, ou La fringale de Correction de Bugs

Le linuxien est un type de geek qui aime bien être impliqué dans la vie de son système. Rien de mieux pour ça qu’un petit accroc, un petit message d’erreur et c’est parti pour 1h et demie de recherche du net et d’épluchage de logs pour trouver et retirer ce petit grain de sable.
Au départ sur un système bien stable et totalement fonctionnel, notre ami a besoin de frissons. Et boum, on rase cette bicoque numérique solide pour installer ce petit cabanon en bois bio certes plus spartiate mais amusant. Cet effet est néanmoins bénéfique pour tout l’écosystème de petites distributions, pourvoyant en linuxiens tout ces projets sous les projecteurs, permettant à ces curiosités sympa du monde du libre de pouvoir vivre et se développer doucement mais sûrement.
Cependant, il arrive parfois pour des raisons diverses et variées que cet élan de chasse aux bugs et aux petits angles obtus s’émousse. Un changement familial (oui ça arrive qu’un linuxien se mette en couple, se forke avec la naissance d’un bébé…), un boulot prenant… ayons une petite pensée pour les fix attendus pour wayland et systemD dormant à l’abri d’un disque dur, pendant que le linuxien se réveille pour la 3e fois car le petit pleure et qu’il embauche à 7h.

3 – Les tribulations du Youtube Game, ou le Syndrome Actualia

Ce point est un peu particulier, étant principalement observé chez les créateurs de contenu. Cette catégorie de linuxien est une population très à risque face aux flux de nombreux projets naissants, qu’ils soient considérés comme finis ou encore en alpha. Le public étant très friand de vidéos sur les distributions, cela pousse à la consommation indécente d’octets de stockage et de bande passante. Ici, on est dans un monde ou le bootloader GRUB principal de la machine a une dizaine d’entrées, avec des chaines sur d’autres GRUBs, où les clés USB et les SSD ont intérêt à être certifiés Endurance 4000, et où la durée de vie d’un OS dépasse rarement 2 semaines.
Et ces 2 semaines ne sont pas de tout repos. L’OS ne passera pas 2 semaines en villégiature dans une partition 5 étoiles. Notre créateur de contenu va tout passer au crible. Offre logicielle, cohérence des thèmes, performances en gaming, installation de divers drivers, jeux et applications suivant le cas d’utilisation, nos Elise Lucet de la Linuxerie seront sans pitié. Sur l’autel de ces nombreuses réinstallations, une vidéo se dégustant avec le café du petit dej’ ou le repas de midi, qui peut potentiellement déboucher sur un effet de mode (voir point 1)

4 – La fraîcheur logicielle, ou L’addiction au Bleeding Edge

Ce point est un peu particulier, car il touche principalement les adeptes de la Fraîcheur Logicielle. On est ici sur une population préférant les fruits très verts et pas trop mûrs. Amateurs de nouvelles fonctionnalités, parfois beta-testeurs, professionnels de l’essuyage de plâtre… ici la règle est la rapidité pour délivrer la toute dernière release sortie du four d’un dépot git.
Cependant, cette soif de nouveauté frénétique va se heurter aux soucis du réel, c’est à dire avoir une machine quand même utilisable au quotidien. Il s’agira ici de trouver un équilibre subtil entre numéros de versions avec des termes barbares à la “beta”, “git”, des numéros avec des décimales à 10 chiffres, et une utilisabilité au quotidien qui serait gérable. C’est un ratio pas évident à trouver. Cela provoque donc parfois une migration soudaine, quand la crèmerie d’en face a une version de plus que l’autre, ou par simple envie de pousser encore plus loin la limite entre utilisable et nouveau. Ce bug bien connu qui fait planter le driver au bout de 2h est il plus gênant que l’apport de quelques FPS supplémentaires dans son jeu favori? Hélas, aucun projet se prévalant de faire fonctionner la Sainte Dualité et l’Equilibre Déifique n’a trouvé de solution universelle, la limite étant surtout une affaire de perception personnelle.

Conclusion

Et voilà, quelques points non exhaustifs permettant de comprendre le curieux phénomène qu’est le Distro Hopping. Si vous en êtes atteint, pas de panique. Il suffira de préparer à l’avance un média d’installation de Fedora ou Ubuntu quand la fièvre se sera calmée. Je tiens cependant à signaler que la responsabilité de la rédaction ne pourra pas être engagée si la lecture de cet article vous a donné des idées, et qu’un SSD y passait l’arme à gauche. Notre prochaine chronique parlera de l’importance d’une Artix avec Enlightenment dans les potagers, ou autre chose….

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Cet article a 3 commentaires

  1. Tellement bon !
    Merci Lobo de nous partager ton talent d’écriture !!!
    Je ne sais pas pourquoi mais je me sens parfaitement concerné par cet article ah ah
    Vivement le prochain!

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